Un voyage extraordinaire
- 1 mars 2016
- 13 min de lecture
Voici ci-dessous le récit (partiel et subjectif) d’un voyage qui a été extraordinaire pour son intensité et par les rencontres que nous avons pu faire.
J’espère vous le faire ressentir un peu à travers ces quelques mots et photos, En route :
Mercredi 27 : Notre vol s’est passé au mieux, hormis les coliques de Philippe dans l’avion. Nous sommes accueillis par Cyrille, Michel Aymele, Père Michel, Franck. Ce premier contact sur la terre africaine est toujours intense, il y a la foule, le bruit, la chaleur, mais nos amis sont là pour cet atterrissage. Avant de prendre la route, nous nous arrêtons à une échoppe pour manger un morceau de poisson braisé. Puis c’est parti pour 4 heures de route. A l’arrivée, nous sommes accueillis par Edwige, Hyppolyte et Colette, et après le repas d’accueil, nous nous mettons vite au lit pour pouvoir vivre notre voyage au mieux.
Jeudi 28 février :
Philippe, un peu malade, décide de rester à Nkongsamba pour se reposer un peu. Nous partons donc avec le père Michel pour visiter Bandsuidjong. A côté de l’école, il y a un champ de maïs. Les épis sont mis à l’abri dans l’école pour l’instant fermé du fait de la démission des instituteurs La récolte a été bonne malgré la sécheresse qui sévit depuis la fin novembre.
Ensuite nous marchons 15 mn dans la forêt, après le passage d’une petite rivière, nous arrivons sur un terrain de 3 hec, qu’un notable d’à côté a prêté à Cyril et Dario. Le débroussaillage est commencé mais le travail est encore important car ils ne sont pas mécanisés. Le terrain est prévu pour du maraichage. La rivière pourrait être utilisée pour irriguer grâce à pompage. Cyril imagine aussi de creuser une retenue pour y élever des poissons chat, comme il l’a appris à Songhaï (centre de formation en agroforesterie des jeunes africains, situé au sud bénin).
Retour au village, nous rencontrons Brice et Stéphane, deux jeunes agriculteurs de l’équipe de Cyril et Moussa. Ils sont un peu timides mais attaché au travail.
Puis, après une visite du dispensaire de santé qui fonctionne bien, nous nous rendons dans le champ de bananier plantain. Nous sommes tous les 3 mis à contributions pour récolter un régime de bananes, attention aux doigts. La plantation fonctionne donc à plein régime !
Au passage, nous nous réjouissons des fondations de la future église de Bandsuijong, l’architecture semble prometteuse. Nous nous rendons ensuite à la maison de famille Djaba, au sommet. Au passage Cyril nous montre un autre silo à maïs plein et un autre terrain de culture et de plantation. Le travail ici ne manque pas. Une camionnette devient une priorité !
La maison de famille est nichée dans un endroit merveilleux de nature, de sérénité, de beauté. Nous rêvons à haute voix d’y passer quelques jours de repos. Au petit matin, un bol de café fumant à la main dans ce lieu…. Hum quel bonheur…
Nous quittons Bandsuidjong enchanté, l’intensité de la journée n’a pas entamé notre enthousiasme. La production est bien installée : Banane plantain et maïs, et il reste à développer le maraichage et éventuellement plus tard la pisciculture. Nous savons ou mettre notre appui : en finançant le camion, l’irrigation et embaucher d’autres personnes.
Nous nous rendons au nouveau presbytère du Père Michel, en effet celui-ci a été nommé doyen de la paroisse de Bandja. Le bâtiment a été construit par des pères Français. Notre visite nous fait découvrir un site construit dans les vents dominants, il y a des grosses pierres de granit, et l’église s’appelle Sainte Anne, tous ces indices nous amènent à déduire que ces français étaient plus précisément breton… Bingo, le père Michel nous le confirme, c’était bien des bretons !! En attendant, le vent frais des bretons nous surprend la nuit et combiné à la poussière des pistes commence à atteindre nos bronches…
Le vendredi 29, nous partons pour Fondjomonkweit sans le père Michel. Objectif : reprendre contact avec l’apiculteur Elvis et définir avec un lui un contrat du fonctionnement. Auparavant, il devait rendre des comptes au père Michel qui habitait sur place. Kentaja conservait le contact, mais depuis nous n’avions plus de nouvelles.
La visite s’annonçait mal car nous n’avions pas réussi à la joindre par téléphone. On s’arrête sur la place ou Elvis tient un petit commerce. Celui-ci est fermé, Cyrille descend se renseigner auprès des voisins. La nouvelle tombe comme un couperet, Elvis est parti avec femme et enfants à Douala ! Cyril essaiera bien en vain de trouver le numéro de sa femme, rien n’y fera, Elvis s’est envolé. En fin de séjour, annonçant cette nouvelle à Adonis, celui-ci, comprenant que la crédibilité kentaja était en jeu s’engagera à retrouver Elvis. Nous le souhaitons de tout cœur.
Pour moi, la leçon que j’en retire, c’est que nous pouvons et devons refuser une main tendue si les conditions sont mal remplies. Les conditions sont : un porteur de projet français engagé et fiable. Sans blesser, j’aurais dû demander avant, un parrainage et un apprentissage de ce qu’est kentaja afin de faire partie de la famille. De l’autre côté, père Michel a trouvé un apiculteur qui présentait en apparence le profil recherché, sauf qu’il n’était pas de la kentaja lui non plus. Il était attaché au père Michel, mais n’était pas membre de la kentaja et voilà le résultat.
Pour sauver ce qui peut l’être il faudra retrouver Elvis et trouver un kentajiste qui a la vocation de l’apiculture pour qu’il y ai restitution des ruches et de l’équipement, puis qu’en France (ou ailleurs), un parrain accepte de reprendre la formation et les conseils. Cela semble maintenant inatteignable, mais sais-t-on jamais, au Cameroun, nous sommes souvent surpris.
Après une promenade et quelques rencontres, nous rentrons donc à Bandja ou nous a rejoint Philippe bien remis.
Le lendemain, samedi 30, nous nous rendons à l’ordination de 4 nouveaux prêtres, comme il se doit au Cameroun, la célébration dure 4 heures, il faut bien cela car c’est sensible, le moment a du poids. Ces hommes qui donnent leur vie le savent, ici, c’est presque sans filet. Dans leur future mission, pas de salaire garanti, ce sera à eux de créer une vraie vie paroissiale qui pourra ainsi les nourrir. C’est pourquoi ces hommes se sont préparés dix ans durant et la sélection est des plus dures. Sans ça beaucoup chuteraient.
Père Michel a son filleul (de sacerdoce) parmi les 4 et reste avec lui pour l’accompagner dans ses premiers pas de prêtre.
Nous, nous partons à Nkongsamba pour la rencontre des anciens kentajistes.
Michel, Hyppolyte et Edwige en profite pour nous parler du fonctionnement du centre. Notamment de la consommation d’eau et d’électricité. Michel a même préparé un dossier. Nous l’étudions ensemble. Jean-Luc démontre que c’est sur l’eau que la plus grosse économie pourra se faire. C’est pour nous une bonne nouvelle, ce sont les réflexes de bons gestionnaires qu’ils nous montrent là. Nous sommes partants pour les accompagner et même chercher des financements s’il le faut. Jean-Luc est d’accord pour être l’interlocuteur de Michel.
Les anciens kentajistes seront une trentaine à faire le déplacement pour cette rencontre. Les réflexes sont intacts et ces anciens kentajistes sont visiblement à la maison.
Les anciens kentajistes se retrouvent maintenant régulièrement et cherchent à structurer leur association. Ils ont eu un débat sur les statuts. Je leur dis qu’ils devaient réfléchir sur leur identité, sur leur histoire, sur leur place dans Kentaja. J’ai remarqué qu’ils ne connaissaient pas l’histoire de la Kentaja, son origine, la fraternité Saint André et Marthe. Ils doivent rencontrer ses membres, car une part d’eux-mêmes s’y trouve.
La nuit tombe et Cyril endosse son rôle favori : DJ, super animateur. Sous ses encouragements, les plus petits viennent au milieu de la piste et c’est parti pour un numéro. Au fur et à mesure des danses, les ainés s’intègrent dans la danse et suivant leur prestation et leur importance, les acclamations montent. Edwige, Hyppolite, Michel, Cyril, s’y mettent, nous ne sommes pas loin de la transe généralisée. Comme mes camarades, je me sens plombé par la fatigue et le rhume qui monte, je ne me sens pas du tout de me joindre à mes amis. Pourtant je me lance et là miracle, le mouvement me décoince et je sens le rhume reflué. La danse camerounaise me fait du bien ! Je passe le reste de la soirée à discuter avec les uns et les autres avant de me coucher.
Le lendemain dimanche, nous sommes invités à visiter l’appartement d’Hyppolyte et d’Edwige, moment très sympathique autour d’un verre de Whisky, merci Hypo !! Au passage, nous apprenons qu’Hyppo sait comment s’y prendre pour que les poules pondent 2 fois par jour.
.Ensuite nous passons quelques instants avec les enfants : nous leur offrons les crayons et feutres, c’est la joie de tous et les encadrants se dépêchent de bien les ranger pour ne pas que ce soient la dispersion. Ensuite nous leur présentons les dessins des enfants de l’école Notre Dame de la Colline à Saint Georges des Gardes. C’est la première fois que nous faisons cela, habituellement, c’est l’inverse. Les enfants sont enchantés et aussitôt avec leurs nouveaux crayons ils s’empressent à leur tour de faire de beaux dessins pour les français. Par la suite, ayant vu les prénoms sur les dessins, les enfants vont même reprendre leur crayons pour leur écrire une lettre.
Après-midi cinéma avec le film Patries, montrant un quotidien des banlieues françaises avec notamment une famille d’origine camerounaise. Beaucoup de kentajistes durent partirent en cours de film pour rentrer sur leur lieu d’étude, finalement il ne reste qu’une poignée de Kentajistes et il n’y a pas possibilités d’en discuter ensuite.
En observant ces jeunes, je constate que Kentaja leur a appris à travailler et faire des études, bien mieux que leurs camarades non kentajistes, mais malheureusement, malgré leurs mérites, ils seront confrontés eux-aussi au chômage. Au Cameroun il faut ajouter « l’enveloppe » ou avoir un père haut placé. C’est difficile car comme tous les jeunes ils sont emplis de rêves et c’est indispensable à leur âge. Il faut donc ne pas casser leur rêve, tout en les guidant vers des voies moins académiques et plus rurales ou artisanales. Je leur ai dit qu’il fallait qu’il s’appuie les uns sur les autres et qu’ils pouvaient aller même plus loin, en construisant quelque chose de collectif.
Dès ce dimanche soir, nous partons pour Bakou. Nous sommes chaleureusement accueillis par Sylvie avec un repas simple et bon. Le centre est propre, bien tenu, l’électricité est coupée, nous l’apprendrons plus tard, un incendie a brulé les fils et poteaux, il faudra une dizaine de jours pour réparer. Quelques jeunes sont regroupés autour de bougies pour travailler, ils sont très concentrés, notre présence ne les arrête pas. La scène est émouvante, ils sont entre eux, sans adulte, il y a quelques échanges feutrés et stimulants. Tout cela montre leur détermination et leur courage. Un petit condensé de Kentaja.
Bakou la sérénité, la paisible. Le ciel étoilé, quelques bruits de la création, tout appel au repos… sauf nos ronflements qui grandissent avec nos soucis pulmonaires.
Au petit matin, notre réveil est bercé par la bonne humeur des kentajistes, chants, rigolades, bonne humeur. Une jeune a une voix splendide, son chant nous incite à lever avec et nous voilà partis pour Tembia, à quelques km. Nous pourrions parcourir totalement la distance en voiture, mais Cyrille tient à la marche à pied. Il a raison, rien de mieux pour apprécier, savourer un lieu, un paysage, pour s’émerveiller des arbres et oiseaux. Nous quittons la piste pour prendre un chemin en forêt, là il faut faire attention, dans le bas de la vallée, une magnifique rivière que nous traversons et nous voilà à tembia !
Nous retrouvons Stéphane et Brice, il y a là aussi Franck, mécanicien et tâcheron agricole, Moussa, Innocent et Emmanuel, le spécialiste de l’huile de palme pour Kentaja. Aussitôt, nous assistons à la fabrication de l’huile. Les noix ont cuit pendant 6 heures dans la vapeur. Nous en goutons une, attention aux fibres dans les dents ! Cela passionne tout le monde, nous ne manquons rien du processus : presse motorisé, déchet de pulpe, récolte de l’huile, purification de l’huile dans un fut d’eau chaude (pour retirer une espèce de pate). Et pour fêter cela, nous finissons par un barbecue de bananes plantain rôties dans les braises restantes. Nous sauçons les bananes un peu sèches dans de l’huile orangée toute fraiche, un vrai délice, surtout en raclant le fond pour chercher « le sel ». Ensuite nous partons visité le domaine, c’est très escarpé Cyrille, Moussa, Franck et Emmanuel nous expliquent leur travail de planteur, le soin, le repiquage, les associations possibles. En fait les palmiers adultes peuvent protéger du soleil des bananes plantain qui eux même peuvent protéger des cacaotiers, des arbres à poivres, etc… Ils connaissent bien leur métier et nous explique tout. Philippe et Damien, les deux agriculteurs sont ravis, tout les intéresse. Nous découvrons une autre parcelle que Kentaja pourrait acquérir pour s’agrandir et qui servirait en particulier aux arbres à poivres blanc du Penja, première IGP africaine. Nous trouvons l’idée excellente car une diversification des productions donnera à Kentaja une plus grande indépendance et fera vivre de nombreuses familles. Mais devant le travail, Cyrille va devoir embaucher de nouveaux ouvriers.
Nous terminons notre périple par un peu d’exercice physique. Emmanuel apporte une espèce de ceinture végétale rigide qui doit nous permettre d’escalader le tronc d’un palmier. Nous nous lançons un par un, un peu gauche et loin d’égaler le léger et souple Emmanuel, mais bon on l’aura fait !
Nous rentrons au centre tranquillement et le soir nous sommes conviés à une rencontre avec les agriculteurs pour échanger sur nos impressions. L’après-midi, visite du poulailler, magnifique bâtiment, bien aéré actuellement inutilisé. Cyril souhaite y mettre une batterie pour accueillir des poules pondeuse. Didier, s’occupe lui de la porcherie voisine qui accueille 3 truies et 2 verrats et quelques jeunes en engraissement. Au regard des éleveurs français, il y a des améliorations faciles et rapides à apporter. Ici aussi, une rivière coule dans le bas et pourrait accueillir un bassin piscicole.
L’après-midi se poursuit avec quelques courses, une « petite bière » de 66 cl tout de même.
Je discute un peu avec Sylvie, elle est encore jeune, et pourtant c’est une ancienne de la kentaja, et elle connait kentaja sur le bout des doigts car elle a d’abord été kentajiste, puis après une brève expérience à son compte, elle a été appelée par le père comme éducatrice. En même temps elle était membre de la fraternité. Puis elle a été directrice à Bandsuidjong et maintenant à Bakou. Son regard sur kentaja est vraiment intéressant et elle sera de bon conseil pour les anciens kentajistes. Je suis d’accord avec elle sur la place centrale de Bakou. Beaucoup a été fait, il faut poursuivre dans ce sens et nul ne sait ce qui pourrait encore éclore ici…
En tout cas, cette discussion montre à l’évidence l’importance de l’identité kentaja des promoteurs de toutes les branches kentaja, Sylvie en est un bon exemple.
Les pièces du puzzle Kentaja sont appelées à se rapprocher.
La réunion du soir avec les ouvriers agricoles donne la parole à chacun, nous exprimons notre satisfaction et notre émerveillement, nous soulignons l’expertise d’Emmanuel, nous approuvons l’idée d’avoir 2 porcs à Tembia pour les nourrir des déchets de tourteau de la production d’huile.
Moussa est là et nous sentons ses connaissance et son expérience.
Cyril ne pourra pas tout suivre et même s’il a été formé à Songhai sur l’élevage, il manque encore un responsable élevage.
Le mardi matin, nous voilà parti avec quelques enfants pour escalader le mont à côté du centre. Les travaux pour accueillir le pèlerinage diocésain sont démarrés. Sur le chemin du retour, un feu de broussaille démarre, il ne fera que prendre de l’ampleur et tout le flanc de la montagne sera bientôt envahi. Le feu aurait bien pu nous surprendre !
Ensuite nous allons visiter Alpha Blondy, sa famille et son jardin merveilleux. Alpha bénéficie d’un terrain plat, au creux d’une vallée, bien irrigué et riche en limon. Il cultive des centaines de choux qu’il vend à un grossiste. Cela lui permet de faire vivre sa famille. Sa femme est très fière de son homme, débrouillard et travailleur, à eux deux, ils forment une bonne équipe.
Mardi soir, nous avons rendez-vous avec père Michel et Adonis à Bandja, au presbytère. Le père rentre de 2 jours de réunion à Douala, éreinté mais il prend le temps de la convivialité et s’empresse d’avoir notre ressenti sur la ferme kentaja. Nous avons pu rencontrer les acteurs, passer du temps avec eux, discuter, observer les équipements et ce qu’ils manquent. Certes, il y a beaucoup à faire encore, mais il y a une équipe sur laquelle on peut compter. Il faudra élargir l’équipe et trouver les fonds nécessaires pour la structure.
Je me rends compte par cette immersion que le projet agroforestier, c’est avant tout une histoire d’hommes. Ces hommes de la terre ont rencontrés d’autres hommes de la terre et ils se sont reconnus. Le regard bienveillant de Philippe et Damien est pour eux très important, et nous nous emploierons à maintenir ce regard.
Les européens qui viennent avec leurs idées toutes faites et leur financement n’arriveront qu’à lever des espoirs qui retomberont sitôt que leurs généreux donateurs auront tournés le dos. Alors ces financeurs diront que les africains ne sont pas crédibles et les africains resteront sonnés du passage de cette étoile filante.
Finalement Adonis arrive tard dans la soirée, il se rend tôt le lendemain matin à réunion à Yaoundé avec le ministre pour le financement d’une campagne de prévention du paludisme par la moustiquaire imprégnée. Je constate qu’il y a un malentendu, Adonis nous attendais le Week end prochain chez lui à Massangam et nous prenons l’avion le surlendemain.
Afin de rencontrer Cathy, la femme d’Adonis et ma filleule, nous convenons donc que je partirais en bus à l’aube à Massangam en compagnie de Michel Aymélé, et nous rentrerons le lendemain. Nous prenons donc : un bus, une moto, un taxi, puis enfin une voiture ou nous logeons à dix, bébé compris, le tout en 3 heures de voyage. La dernière partie est une longue piste de terre de 50 km bien roulante. J’ai le plaisir de retrouver la nichée d’Adonis, ces 3 enfants, la nièce de Cathy, la nièce d’Adonis, Alex, un kentajiste en seconde, Karen, la nounou. IL y aussi Dunot, le neveu de père Michel, qui est infirmier à l’hôpital. La visite de l’hôpital est conduite par le pharmacien Mama Sani. Une nouvelle fois, je constate le peu de moyens dont disposent ces personnes dévouées.
Puis suit la visite du lycée de Cathy. Record battu, elle a une classe de plus 100 élèves !! Alex, qui est en seconde me raconte qu’il a des camarades de plus 20 ans. Ces jeunes ne savent pas ce qu’ils veulent faire, ils n’ont aucun projet, quelle tristesse. Cela motive d’autant plus Alex qui veut faire l’école des mines. Il s’en donne les moyens. Bravo à lui.
Le lendemain, départ pour retrouver mes compères à Nkongsamba, Je pensais le retour plus tranquille que la veille, mais j’en fus pour mes frais : attente interminable, chargement de marchandise, enregistrement des papiers etc, nous mettons une heure de plus que la veille. Michel a du mal à comprendre mon irritation, je lui dis que l’avion ne nous attendra pas et qu’il faut prévoir l’imprévu, comme une panne, des gros bouchons… Finalement mon énervement ne changera rien, j’essaie de me calmer. Nous arrivons enfin à Nkonsamba !
Le temps de prendre une douche et de refaire mes bagages et dire nos derniers au revoir, nous voilà parti. Pour Douala. Sur le chemin, Cyril nous fait furtivement rencontré une personne chère à son cœur … Nous arrivons à l’aéroport, Blandine m’apporte un cadeau de la part de sa tante, puis après une dernière taxe surprise, nous embarquons. Quelle journée !
Nous sommes tous revenus avec un rhume, la tête pleines de souvenirs, et le cœur regonflé par nos amis et les enfants. Maintenant il va falloir atterrir dans notre quotidien, mais ça c’est une autre histoire


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